jeudi 22 mai 2008

Jeudydem










mercredi 21 mai 2008

Raging Blog


Un dessin maîtrisé et un trait personnel, une narration fluide et drôle, des dialogues percutants et agréables…mais que demander de plus ?
Jean-Paul Pognon nous montre sa vie sans exhibition, nous raconte des anecdotes personnelles ou fictives avec légèreté et humour et tout cela donne un ensemble cohérent et sympathique. Le seul regret est qu’il n’y en ait encore pas assez. Débuté en janvier 2008, ce blog grandit tranquillement et semble annonciateur de nombreuses et talentueuses découvertes. Sans voyeurisme aucun mais avec un intérêt et une curiosité certaine, je vous conseille vivement d’aller jeter un œil de ce côté là de la toile.

lundi 12 mai 2008

Article


Adaptations des œuvres littéraires au format du neuvième art: Légitimité de la pratique.

Est-il vraiment utile de défendre la légitimité d’une pratique dont se nourrissent et qu’utilisent toutes les formes d’arts narratifs ? Défendre peut être pas mais en expliquer les tenants et les aboutissants et en montrer les enjeux sûrement.

Concernant le neuvième art, la forme d’adaptation la plus courante est donc celle d’une œuvre littéraire portée en cases et en bulles. Si celle-ci n’est pas nouvelle, elle se développe clairement dans les stratégies éditoriales depuis deux ou trois ans. Delcourt y consacre l’intégralité d’une collection (Ex-Libris) Casterman vient de faire de même très récemment avec sa collection réservée aux adaptations de polars (Rivages/Casterman/Noir) et d’une manière générale beaucoup d’éditeurs comptent désormais à leur catalogue si ce n’est une collection au moins quelques titres issus de cette forme d’inspiration.

Or celle-ci reste malgré tout facilement décriée : Taxé de s’adonner à la facilité, de manquer d’inventivité voir, de jouer sur du velours et de privilégier une rentabilité facile en s’appuyant sur une réputation déjà établie, il n’est pas rare de voir les accusations pleuvoir sur celui ou celle qui choisit d’adapter tel ou tel roman célèbre.

Certes le volet économique et marketing de l’affaire est difficilement niable. Adapter  Les trois mousquetaires, Jules Vernes ou les grands succès du polar c’est se positionner face à un public déjà acquis et forcement curieux de voir le résultat. Mais est ce pour autant s’accorder une facilité ? Ce n’est pas si évident. La lecture d’un roman si elle impose un univers commun à tous les lecteurs laisse libre toute personne de jouer avec les lumières, les formes de visages, la couleurs exacts des vêtements, les arrières plans…. Même si la description est précise, il n’est pas rare de « s’approprier » tel ou tel personnage ou lieux et de lui en accoler une forme issue de notre propre imagination, de notre propre passé de lecteur ou de curieux.

D’où l’énorme difficulté de réussir à prendre une œuvre et se l’approprier pour les adaptateurs, de telle sorte que non seulement les lecteurs connaissant l’originale s’y retrouvent mais que de surcroît ceux ne connaissant que le titre et les quelques images d’Epinal qui y sont souvent associées, ne soient pas spoliés ou trompés trop fortement par rapport à l’œuvre de base. La principale difficulté repose donc dans la capacité à saisir « l’esprit » du livre adapté.

A cela s’ajoute le problème de la personnalité des auteurs. Comment adapter une œuvre tout en gardant sa propre patte artistique, son propre trait, son propre style ? Et surtout, ceci est il incompatible avec une adaptation ?

Pour éclaircir ce point, il est possible de comparer le travail qu’effectue un chanteur lorsqu’il reprend un titre d’un de ses confrère. L’intérêt de chanter sur le même ton, avec le même phrasé, sur la même rythmique le titre choisi est quasi nul. Autant laisser à l’original ce qui a fait sa particularité et tenter au contraire, pour celui qui reprend la titre de mettre un maximum de lui dans l’interprétation. Par exemple jamais plus personne ne pourra chanter comme Jacques Brel tant sa personne est liée à ses chansons. Et pourtant, nombreux sont les groupes qui depuis ont repris avec talents ses textes et ses musiques.  Pourquoi dès lors entre les deux arts narratifs que sont la bande dessinée et la littérature, serait il impossible d’adapter les histoires des uns au format des autres ?

La légitimité d’adapter une œuvre littéraire en bande dessinée ne se pose donc que peu en terme de « facile ou difficile » mais se pose plus sur le plan de la personnalité de ceux qui veulent entreprendre ce périlleux exercice. En effet, ne faire qu’une pâle photocopie édulcorée de quelques dessins histoire de « faire BD » ne saurait suffire à satisfaire une telle entreprise et a contrario, broyer l’œuvre originale sous un excès de personnalité ne pourra combler pour autant les lecteurs. L’équation n’est donc pas si facile à résoudre et l’adaptation est un exercice qui réserve à coup sûr des surprises nombreuses.

mercredi 7 mai 2008

Jeudydem

Comme promis le jeudi maintenant ce sera avec Dydem une fois tous les quinze jours. Aujourd'hui c'est publié avec un jour d'avance mais c'est promis la prochaine fois, ce sera le jeudi.







lundi 5 mai 2008

La liste de Mai

Cette fois c'est très en avance que je livre la liste comme ça tout le monde aura le temps de lire, relire et cogiter son avis pour au final, venir dire ce qu'il a pensé de tout ça le 29 mai prochain. Bonne lecture à tous et je vous tiens au courant pour un éventuel dépôt préalable de certains de ces livres dans notre cher repère du Pépère.

Pauvres Zhéros
Baru / Pierre Pelot
Ed. Casterman
Coll. Rivages noirs

D'Artagnan ; journal d'un cadet
Nicolas Junker
Ed. Treize Etrange

100 %
Paul Pope
Ed. Dargaud
Nage libre
Sébastien Chrisostome
Ed. Sarbacane


La communauté : partie 1
Tanquerel / Yann Benoît
Ed. Futuropolis


Spirou : Le journal d'un ingénu
Emile Bravo
Ed. Dupuis

mercredi 30 avril 2008

Article



Bande dessinée et adaptations : Préambule.

Les adaptations avec en leur centre la bande dessinée ont le vent en poupe en ce moment, c’est indéniable. Deux grands phénomènes se distinguent particulièrement. Les adaptations du cinéma inspirés de la bande dessinée -l’inverse étant beaucoup plus rare- et les adaptations d’œuvres littéraires au format du neuvième art -là aussi l’inverse étant quasiment anecdotique-. Or ces deux phénomènes clairement distincts amènent à différentes interrogations.
Concernant tout d’abord les liens fraternels qu’entretiennent le cinéma et la bande dessinée : Comme dans toutes fraternités, il y a des personnalités différentes qui se développent même si les filiations sont fortes. Nés au cours du même siècle, le 19éme, le septième et le neuvième art n’ont jamais partagé la même notoriété. Lorsqu’aux alentours de 1830 Rodolphe Töpffer lance les prémices frémissantes de la narration séquentielle, il devance de quelques années l’invention des frères Lumière qui ne diffusèrent officiellement leur premier film face au public que le 28 décembre 1895. Depuis chacun a eu son parcours et si le nombre de lecteurs de bande dessinée n’a cessé d’augmenter, il n’a jamais pu rattraper l’aura qui entoure le cinéma.
Sans se plonger dans des analyses complexes pour tenter de savoir ce qui a pu amener à ce constat implacable il est possible néanmoins de faire une observation : il y a à l’heure actuelle une recrudescence manifeste des adaptations de bande dessinées au cinéma et surtout des collaborations croissantes entre ces deux médiums.
En effet, si dans un premier temps le cinéma c’est contenté de venir faire son marché sur les terres du neuvième art considérant la bande dessinée comme un story-board amélioré, les limites de cette pratique ont été rapidement atteintes. Films complètements ratés voir outranciers par rapport aux œuvres originales les velléités des producteurs hollywoodiens se sont taris à la fin des années quatre vingt et à l’aube des années quatre vingt dix avant de ressurgir de plus belle une fois le numérique maîtrisé. En effet, depuis l’arrivé de cet apport technologique il en est tout autrement. Outre-atlantique, les adaptations se multiplient et les grands noms du cinéma spectacle n’hésitent plus à associer leur savoir faire avec la manne que représente la bande dessinée. Bryan Singer (Usual suspect, X-men 1 et 2, Superman returns…) Sam Raimi (Un plan simple, Evil Dead, Spiderman 1, 2 et 3..) mais aussi Quentin Tarantino (Pulp Fiction, Kill Bill, Sin City…) sont parmi les fleurons de cette nouvelle génération.
Mais ce qui est très intéressant aussi c’est de voir les interactions qui se créent au niveau du cinéma européen. Très en retrait jusque là sur ce créneau de l’adaptation, la collaboration semble prendre une autre forme sur le vieux continent. Elle paraît se diriger vers plus d’implication des créateurs de bande dessinée, le champ d’investigation de ces derniers semblant plus élargi.
Quelques exemples pris à la volée pour illustrer ce propos : évidement le très réussi Persépolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, mais aussi Joann Sfar qui s’apprête à passer derrière la caméra puisqu’il prépare une biographie de Serge Gainsbourg pour le grand écran en plus de la version animée de son remarqué Chat du Rabbin. Voici pour les têtes d’affiches mais on sait que Peur(s) du noir sorti en tout début d’année avec aux crayons des gens comme Blutch ou Mattoti fut aussi un moment de cinéma important.
Or en parallèle de ce mouvement la multiplication des adaptations littéraires cette fois s’accélèrent elles aussi. Delcourt a ouvert une collection qui leur est réservée et qui accumule les titres, Bernard Giraudeau vient de signer une adaptation avec Christian Caillaux de son livre R97 les hommes à terre chez Casterman bref, il ne sert à rien d’accumuler les exemples pour prouver la vogue de ce phénomène. Et si celui-ci n’est pas nouveau il s’amplifie incontestablement.
Mais pourquoi faire un tel constat ? Parce qu’en écartant toute considération qualitative -pour le moment- il est possible d’y voir la fin de l’isolement de la bande dessinée par rapport à nombre de formes d’expressions.
Longtemps, trop longtemps, la bande dessinée c’est regardée évoluer. Lorsque l’on compare le nombre d’ouvrages critiques consacrés à la littérature et au cinéma avec ceux consacrés à la bande dessinée on constate à quel point le fossé est abyssal. Or le fait que les adaptations dans un sens comme dans l’autre, inspirées ou non, se multiplient est une des meilleures nouvelles qui soit. Par ce biais la bande dessinée s’expose, se montre, sort de cette ornière dans laquelle elle est engluée et qui réserve ses seules observations aux spécialistes de la spécialités.
La bande dessinée adapte, la bande dessinée s’adapte et franchement, il était temps.


Info

Un petit poste pour dire que je suis entrain de préparer une série d'articles sur les adaptations et que tout ceci me prend un peu de temps, d'où le peu de poste sur ce blog en ce moment.
Pour dire aussi que demain c'est JeuDydem, que j'ai les planches et que c'est sûr on ne sera pas déçu.
Autre chose qui ne concerne que les bordelaises et les bordelais ; courant du mois de mai il y a festival rock couplant ce genre musical avec les travaux de dessinateurs de bande dessinée. Pour tout savoir rendez vous ici.